Garantir la sécurité ERP dans les mosquées et lieux de culte relève de la responsabilité légale et morale directe des administrateurs associatifs.
Sommaire
Les vendredis midi et les soirs de prières nocturnes lors du mois sacré de Ramadan, les mosquées connaissent des concentrations humaines parmi les plus denses des Établissements Recevant du Public (ERP). Assurer la sécurité physique, la prévention des malaises cardiaques et la fluidité des évacuations d’urgence relève de la responsabilité civile et pénale directe des dirigeants associatifs. Voici les mesures concrètes pour faire de votre lieu de culte un espace sûr et prévoyant.
1. Le Registre de Sécurité ERP : un document obligatoire et vital
Trop souvent négligé dans les petites structures, le registre de sécurité est le premier document exigé par les sapeurs-pompiers et la police municipale lors des contrôles inopinés ou des visites périodiques de la commission de sécurité :
- Le contenu obligatoire : les dates et comptes rendus des vérifications annuelles des installations électriques (rapport Q18 / Q19 par un organisme agréé type Apave, Socotec, Bureau Veritas), la maintenance des extincteurs, l’entretien des systèmes de désenfumage et le contrôle des blocs d’éclairage de sécurité (BAES).
- La consignation des exercices d’évacuation : au moins un exercice pratique d’évacuation doit être organisé chaque année avec le personnel d’accueil et les bénévoles réguliers.
- L’inventaire des équipements de secours : plans d’évacuation affichés à chaque niveau, vannes de coupure générale de gaz et d’électricité clairement balisées.
2. L’installation obligatoire d’un Défibrillateur Automatisé Externe (DAE)
Depuis le décret n° 2018-1186 du 24 décembre 2018, la présence d’un défibrillateur cardiaque automatisé externe (DAE) est obligatoire dans les ERP recevant du public :
- Implantation stratégique : le DAE doit être installé dans un lieu central, immédiatement accessible et jamais verrouillé (par exemple dans le hall d’entrée principal ou à proximité immédiate de l’accès aux salles de prière), à une hauteur comprise entre 1 m et 1,30 m du sol.
- Signalétique normalisée : panneau vert universel avec pictogramme blanc représentant un cœur traversé d’un éclair, visible de loin sous tous les angles de circulation.
- Maintenance périodique : souscrire un contrat de maintenance pour vérifier régulièrement la péremption des électrodes autocollantes (durée de vie moyenne de 2 à 3 ans) et l’autonomie de la batterie au lithium.
En cas d’arrêt cardiaque, chaque minute sans défibrillation réduit les chances de survie de 10 %. Disposer d’un DAE fonctionnel dans la mosquée peut littéralement sauver la vie d’un fidèle avant l’arrivée du SAMU ou des pompiers.
3. La formation aux premiers secours des équipes de bénévoles
L’équipement ne remplace pas le facteur humain. Lors des grandes affluences, les secours professionnels mettent souvent de précieuses minutes à fendre la foule ou à se frayer un chemin dans les ruelles environnantes :
- Financer des sessions PSC1 (Premiers Secours Civiques de niveau 1) : l’association cultuelle a tout intérêt à prendre en charge la formation de 5 à 10 bénévoles actifs (chargés de la sécurité du vendredi, professeurs de cours du week-end). Cette formation de 7 heures enseigne les gestes d’urgence : position latérale de sécurité (PLS), massage cardiaque, utilisation du DAE et gestion des hémorragies.
- Créer un gilet d’identification « Sécurité / Secours » : lors des grands rassemblements, un référent formé et identifiable d’un coup d’œil permet de coordonner immédiatement les secours et de guider les véhicules du SAMU sans panique.
4. Les règles d’or de gestion des flux lors du vendredi
Enfin, la prévention passe par des réflexes quotidiens stricts :
- Ne jamais encombrer les issues de secours avec des chaussures : installer des étagères à chaussures en nombre suffisant et interdire formellement de poser des paires de chaussures au sol devant les portes de sortie vers l’extérieur.
- Interdire le verrouillage des portes pendant l’office : toutes les portes de secours doivent s’ouvrir de l’intérieur par simple poussée sur une barre anti-panique sans avoir besoin de clé.
En appliquant ces standards de professionnalisme, les responsables de mosquées honorent la confiance de leurs fidèles et préservent la sérénité des lieux de culte face à tous les imprévus.
Foire aux questions (FAQ)
Un défibrillateur automatisé externe (DAE) est-il obligatoire dans une mosquée ?
Oui, en vertu du décret n° 2018-1186, les lieux de culte classés ERP (Établissements Recevant du Public de catégories 1 à 4 et certains de catégorie 5) ont l’obligation légale de s’équiper d’un DAE visible et accessible en permanence.
Quelles sont les vérifications techniques obligatoires consignées dans le registre de sécurité ?
Le contrôle annuel des installations électriques (rapport Q18/Q19), la vérification des extincteurs, le désenfumage mécanique et le test des blocs d’éclairage de sécurité (BAES).
Les issues de secours d’une mosquée peuvent-elles être fermées à clé pendant l’office ?
Non, toutes les portes de secours doivent obligatoirement s’ouvrir de l’intérieur par simple poussée sur une barre anti-panique sans clé, et leur accès ne doit jamais être bloqué par des chaussures ou des obstacles.
Consultez la réglementation officielle sur Service-Public Sécurité ERP. Pour toute question, contactez notre équipe via la page contact Trouve Ta Mosquée.
